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27.6.17

lutte de deux grandeurs d'âme


– J'ai été amoureux à la folie de madame votre mère, du temps où elle était encore fiancée, fiancée à mon ami. Le prince a remarqué, il a été frappé. Il vient me voir un matin, sur les sept heures, il me réveille. Très surpris, je m'habille ; silence de part et d'autre ; je comprends tout. Il sort de sa poche deux pistolets. Au mouchoir. Sans témoins. À quoi bon les témoins si, d'ici cinq minutes, nous nous envoyons l'un l'autre dans l'éternité ? On charge, on déplie le mouchoir, on se lève, on pose le pistolet contre le cœur de l'autre et on se regarde droit dans les yeux. Soudain, tous les deux en même temps, un torrent de larmes se répand de nos yeux, nos mains qui se mettent à trembler. Tous les deux, tous les deux, en même temps ! Bon, là, naturellement, étreintes, lutte de deux grandeurs d'âme. Le prince qui crie : Elle est à toi, et moi : Non, à toi ! Bref... bref... vous... venez vivre chez nous ?


Fédor Dostoïevski, L'Idiot, livre 1, chapitre VIII [trad. André Markowicz], 1868.

24.10.14

Comme un égal parmi tous ces gens


Ce procès, cet acte délirant, et puis après, tout le monde qui part en Sibérie, les autres qui se marient, et tout ça si vite, si vite, et tout se mélange, et, finalement, il n'y a rien, tout le monde est vieux, et le pied dans la tombe.


Fédor Dostoïevski, Les Frères Karamazov (trad. André Markowicz), quatrième partie, livre onzième : "Le frère Ivan Fiodorovitch" (III. Le peton malade), 1880, éd. Actes Sud, coll. Babel, vol. 2.

17.7.14

Conscience à vendre


Tout le comique humiliant des contradictions humaines disparaîtra comme un mirage pitoyable, comme une sale petite invention de l'esprit euclidien de l'homme, impuissant et petit comme un atome.


Fédor Dostoïevski, Les Frères Karamazov (trad. André Markowicz), deuxième partie, livre cinquième : "Pro et contra" (III. Les frères font connaissance),1880, éd. Actes Sud, coll. Babel, vol. 1.

8.2.11

"the sight of an open fire"


Les ponts ne brûlent que rarement, et les villes ne prennent feu qu'avec méthode, dans un ordre établi, les unes après les autres, à la saison des incendies.


Fédor Dostoïevski, Les Démons (troisième partie), 1871.

25.11.10

Petrouchka


Il n'y a rien de plus rusé que sa personne propre, parce qu'on n'y croit jamais.



Fédor Dostoïevski, Les Démons (deuxième partie), 1871.