Affichage des articles dont le libellé est Millet. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Millet. Afficher tous les articles

14.5.15

Fils du précédent

Le remake comme mode d'existence technique et humain : les copies et les enfants ; non plus la noblesse d'une dynastie mais le cauchemar de la reproduction politico-littéraire : fils de journalistes, de philosophes, de rockers, de chanteurs, d'humoristes, de syndicalistes, etc., tous voués à la réduplication du Système. Sortie de l'Histoire, chute infinie dans la multitude de soi...


Richard Millet, Le Corps politique de Gérard Depardieu, Pierre-Guillaume de Roux, 2014.

13.9.12

Frapper juste


Il est remarquable qu'il n'existe pas de soldat perdu de l'extrême gauche, laquelle ne pouvait que conduire à l'Académie française (...), au grand patronat, au pouvoir politique, aux jurys littéraires, à la version cynique de l'insignifiance.


Richard Millet, Langue fantôme. Essai sur la paupérisation de la littérature, suivi d'Éloge littéraire d'Anders Breivik, Ed. Pierre-Guillaume de Roux, 2012.

20.5.12

Voix lactée



Il me plaît de croire que le lait que [Luciano Pavarotti et sa sœur de lait Mirella Freni] ont bu au même sein nourrissait leur voix ; c'était la nuit qu'ils tétaient à ce sein et dont ils rendraient en chantant la quintessence étoilée.



Richard Millet, La Voix et l'Ombre, Gallimard, collection « L'un et l'Autre » (dirigée par J.-B. Pontalis), 2012.

23.3.11

Dialogue originaire





Les femmes étant la nuit, la grande nuit des ventres, la nuit rouge et noire du plaisir, de l'enfantement, des fins dernières.

Richard Millet, Lauve le pur, P.O.L, 2000.


Je cherche à faire un pas de plus vers la source de l'effroi que les hommes ressentent quand ils songent à ce qu'ils furent avant que leur corps projetât une ombre dans ce monde.

Pascal Quignard, La Nuit sexuelle, Flammarion, 2007.



29.1.11

Immortel enfer


Ce qui m'a toujours intéressé dans les avant-gardes, c'est le moment où elles finissent par composer avec le pouvoir, sortant de l'Histoire pour ressembler à des balcons avancés sur l'abîme.

(...)

Le plus inquiétant n'est pas que les romans paraissent sans être lus, ni qu'on les retrouve en masse chez les revendeurs, mais qu'il existe des bibliothèques pour les renfermer et où ils ne se détruisent pas biologiquement. Le nouvel enfer des bibliothèques est le dépôt légal. Penser, de la même façon, que l'ensemble des émissions de télévision et de radio et même les archives personnelles de chaque citoyen sont devenues indestructibles revient à faire de la mémoire un lieu non plus sacré, mais infernal, comme l'immortalité.


Richard Millet, L'Enfer du roman. Réflexions sur la postlittérature, Gallimard, 2010.

28.10.07

Entre consentement à la mort et refus de voir mourir


Nous serons bientôt seuls. Nous cheminons dans la désolation et dans l'angoisse, mais aussi dans une jubilation qui n'appartient qu'à nous. Jamais nous n'avons eu à montrer plus de courage (...) Nous sommes des héritiers sans descendance. Nous sommes seuls. Nous ne sommes pas de vrais pères.

Richard Millet, Désenchantement de la littérature, Gallimard, 2007.