Ce qui vous empêche de devenir fou.
2.10.10
Quelle question
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
7.8.10
Ta mémoire coule à l'extérieur de tes yeux

Puis c'est le matin. Une aube infâme sur la rue Kordobane.
Tout a été réduit en cendres.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
17.3.10
Point d'exclamation
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
1.9.09
Nivôse, An mil
Rares sont les traités qui relatent de la reine Monacanthe l'ascension puis la chute. Selon d'aucuns, l'absence d'événements spectaculaires justifie ce silence des hagiologues ; nous y voyons, pour notre part, l'influence d'une idéologie du vedettariat, le désintérêt des clercs pour l'obscur.
Antoine Volodine, Nos animaux préférés, entrevoûtes, "Shaggå des sept reines sirènes", "Monacanthe IV", Editions du Seuil, 2006.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
2.7.09
Dozo
Tout se passera dans un lieu étranger, une ville peuplée uniquement de gens, de morts, de blattes et d'Untermenschen.
(...)
Cette mort sera pour vous le début d'une longue existence sans issue. Sans perspective et sans issue.
Antoine Volodine, Dondog, Seuil, 2004.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
5.2.09
Mon sovkhoze pour un peu de pemmican
Dès qu'ils furent de l'autre côté de la Porte Marachvili, le blanchoiement de toutes choses sous les rayons lunaires s'atténua. Les rues avaient rétéréci. L'éclairage urbain avait des défaillances. On devait parcourir des dizaines, et parfois des centaines de mètres dans l'ombre, au petit bonheur. Les trottoirs et la chaussée étaient jonchés d'épaves. Souvent on frôlait des drogués des deux sexes, affalés dans leur vomi et leurs rêves. Quand l'obscurité était profonde, des oiseaux la colonisaient : des mouettes obèses, gigantesques, des corneilles monstrueuses, des chouettes, des poules ; elles recouvraient de larges portions du sol, constituant des groupes compacts qui protestaient contre les intrusions et interdisaient le passae à coups de bec. On marchait au milieu de gloussements et des cris.
(...)
Il est exclu d'aller dormir. Il serait vain d'entamer un livre puisqu'on ne le finirait pas. Il est déconseillé de fatiguer de nouveau son corps dans un énième entraînement de close-combat. On a eu, d'autre part, la décence de ne pas organiser, avec ses collègues et camarades, une cérémonie d'adieu. Quant à s'agenouiller en face d'un mur pour méditer, on se l'interdit volontiers, tant il paraît ce soir imbécile de peiner pour apercevoir d'illusoires ténèbres, alors qu'avant la fin de la nuit on va être très efficacement et très concrètement jeté au coeur de l'espace noir.
(...)
Un demi-siècle, c'est des milliers de bifurcations possibles. Des bifurcations fondamentales. Et si l'enfant naît dans une famille de délinquants ? Et si, au lieu de suivre le parcours que les Organes ont prévu pour lui, il dévie complètement ?S'il rejoint des bandes de criminels ? S'il devient fou ?
(...)
Les murs et le sol frémissaient.
La chaudière grondait à l'étage inférieur.
Elle gronda ainsi jusqu'à ce que Mevlido s'assoupisse et, même alors, la vibration se prolongea, la musique des flammes ne se tut pas, cette mélodie de destruction et de voyage qui de toute façon est en nous, depuis toujours, et qu'au moment du sommeil chacun confond tantôt avec sa propre expérience, tantôt avec sa propre mort.
(...)
Un narrateur omniscient ou même une araignée depuis sa toile nous auraient sans doute jugés morts d'asphyxie ou de solitude duelle, ou évanouis après un excès de jouissance, encore emmêlés dans nos restes animaux, avec autour de nous les puanteurs stagnantes que nos corps avaient produites, avec sur nous des résidus d'excrétions, et, en nous, le souvenir noir d'ailes crissantes, de membranes écartelées, de muqueuses exhalant leurs dernières rosées avant la torpeur.
(...)
Au-dessus de ma tête le tube de néon papillonait un message en une langue morse laiteuse dont je ne possédais pas les clés. Comme il n'était pas question de confier à qui que ce fût le détail de mes aventures, j'inventais à voix basse des cauchemars que je racontais aux araignées, toujours présentes, et aux rats, quand ils étaient là. Mes histoires ne les intéressaient pas, je m'en rendais compte à la fixité de leur regard rougeâtre qui soudain devenait insultante. Bien vite il me semblait avoir épuisé l'essentiel de ma narration, et je me taisais.
(...)
Sur Terre, à présent, l'esclavage, les camps de survivants, le chaos, l'humiliation et le meurtre de masse n'ont plus cours. Les hominidés et leurs pratiques assassines, les hominidés et leurs discours cyniques ne sont plus qu'un souvenir. L'espèce dominante ne soulève jamais la question du bonheur ou du malheur, ce qui fait que, d'une certaine manière, elle est réglée.
(...)
Dans une foule, où que l'on soit, il y a toujours un homme seul ou une femme seule. C'est peut-être vous, et c'est souvent vous, mais, parfois, c'est quelqu'un d'autre. Cela dépend de l'humeur de la foule plus que de la vôtre.
(...)
Même quand une foule devient un organisme collectif qui ne pense plus qu'au combat ou à la parole, il y a toujours en elle une femme seule qui reste seule.
Antoine Volodine, Songes de Mevlido, Seuil, 2007.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
30.12.08
pour ne pas dire presque amoureuse
PROGRAMME MINIMUM
REINES MORDUES
192. FAIS VOILE VERS LE VISAGE HAGARD, CRAILLE, ENTRE DANS LA MATRICE ETRANGE, DETRUIS TOUT !
APPEL GENERAL
241. CENT ATTENTATS, MILLE ATTENTATS CONTRE LA LUNE !
APRES NITCHEVO
322. REPOS MILLE ANS, SILENCE MILLE ANS, VENGEANCE MILLE ANS!
323. VENGEANCE MILLE ANS, ET ENSUITE : NITCHEVO !
PROGRAMME MAXIMUM
BANQUISE
55. REALISATION IMMEDIATE DU CENT DOUZIEME REVE !
DES RESTES ENCORE
120. SI ON TE DIT QUE TOUT EST FINI, N'ECOUTE PAS, TRAHIS !
L'ASSASSIN ABSINTHE
155. INDULGENCE POUR LES TRAITRES ABSINTHES !
CONTRADICTIONS ELEMENTAIRES
168. NUIT ETERNE SUR LES VILLES DE LA COTE !
169. SOLUTION NOIRE POUR LES VILLES COTIERES !
170. SOLUTION ROUGE POUR LES VILLES COTIERES !
SUSY VAGABONDE
260. POUR TOI DEUX HEURES SANS REVE SI TU LIVRES LE NOM DE SUSY VAGABONDE !
261. NE CACHE PLUS EN TOI LE NOM DE SUSY VAGABONDE !
272. NOUS SOMMES TOUTES SUSY VAGABONDE !
LES MAUVAIS JOURS
337. UN JOUR NOUS DORMIRONS SANS METTRE VOS VISAGES !
338. UN JOUR NOUS AURONS BIEN VECU !
343. LES MAUVAIS JOURS FINIRONT !
INSTRUCTIONS AUX COMBATTANTES
PRECAUTIONS ELEMENTAIRES
3. SI AUTOUR DE TOI TOUT LE MONDE S'EST PENDU ARRACHE-TOI LA TETE AVEC LES DENTS !
4. SI PERSONNE NE REPOND A TON APPEL, CRIE DEUX FOIS EN DIRECTION DU VENTRE !
CONNAITRE SON CORPS
69. NE COMPTE QUE SUR TES PAUPIERES POUR NE PLUS RIEN VOIR !
PRINCIPES DIETETIQUES
126. NE MANGE RIEN SI L'ANNEE EST ROUGE !
127. MANGE LE PREMIER DU MOIS, AVEC MODERATION !
SOUFFLES ET VOIX
139. DEGUISE TON CORPS SI TU AS UN CORPS !
140. NE CROIS PAS A TON CORPS SI TU POSSEDES UN CORPS !
141. DESOBEIS A TA VOIX SI TU AS UNE VOIX !
150. CHANTE SOUS TON CRANE SI TU AS UN CRANE !
151. MEME QUAND TU CHANTES, SILENCE ABSOLU !
CE QU'ON LEUR LAISSE
274. PAS DE COMBAT, PAS DE MORT, NUL SOMMEIL, SEULEMENT TA HAINE NON ETEINTE !
DERNIERES RECOMMANDATIONS
319. MEFIE-TOI DU CLOWN AFFABLE, SON VENTRE EST IMMENSE !
LES MAUVAIS JOURS FINIRONT
341. BIENTOT TU OUVRIRAS LA PORTE !
342. BIENTOT NOUS DORMIRONS ENSEMBLE !
343. LES MAUVAIS JOURS FINIRONT !
Maria Soudaïeva, Slogans (traduits du russe par Antoine Volodine), Editions de l'Olivier, 2004.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
25.11.08
- Deux, corrige l'autre
Il est persuadé qu'il y a une panne de secteur. Il ne comprend pas qu'il est mort.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
21.8.08
Une des histoires sans fin de Fred Zenfl commençait ainsi
Je m'obstinerai dans mon système qui consiste à affirmer que l'extinction est un phénomène qu'aucun témoignage fiable n'a jamais pu décrire de l'intérieur, et dont, par conséquent, tout démontre qu'il est inobservable et purement fictif.
Antoine Volodine, "Fred Zenfl", in Des anges mineurs, narrats, Seuil, 1999.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest