22.8.09

On se déplace toujours avec soi



Une sorte d'intuition patriotique m'a averti que nous étions à Magenta. A cet égard, j'ai un flair de chien, je sens de loin la victoire de nos armes. Sous des moues désabusées, débraillées, plutôt internationalistes, je cache en moi un petite trompette que j'embouche à tout propos. Je deviens de plus en plus cocardier. La peau de mon coeur se change en peau de tambour. Ce que je ne m'explique pas, c'est que j'ai été à même de me comporter en héros, en 1940, et que je n'en ai aucunement tiré parti. Il se peut que mon goût pour l'Histoire de France s'arrête à Napoléon III ; il se peut que je n'apprécie bien que l'Histoire qui a de la bouteille.


Henri Calet, L'Italie à la paresseuse, Gallimard, 1950 (repris par Le Dilettante, 2009).

8.8.09

Identité XX

Qu'est-ce qu'une femme ?
La question a tout l'air d'un piège. C'en est un.

Si on me l'avait posée avant, je m'en serais tirée tant bien que mal.
Par une description anatomique un jour de visite médicale, par exemple : une femme, c'est des seins, une vulve, un vagin. Des sautes d'humeur et de la douleur une fois par mois, lorsque le sang lui coule entre les cuisses.

Par une ode à la féminité triomphante un jour de lyrisme : une femme, c'est une gamme serpentine de courbes, une fugue improvisée de pleins et de déliés. Des seins-mandoline, des hanches-violoncelle et, parfois, un cul-rock'n roll. Et quelle que soit sa coiffure, une femme, c'est un accroche-cœur.

Par une critique aussi lapidaire que cynique un jour de mauvaise humeur : une femme, c'est une chieuse. Elle affirme le contraire ? C'est une chieuse qui s'ignore. Parce qu'une femme, c'est une casse-couilles douée pour vous les briser menu en coupant les cheveux en quatre.

Par la rhétorique un jour de pinaillage linguistique : une femme, c'est un substantif précédé d'un article indéfini, ayant pour contraire "un homme".
Je me serais rappelé
du même coup un ennuyeux matin de classe où mon voisin, ayant levé un doigt résolu lui accordant voix au chapitre, avait claironné :
- M'dame... Mulier, mulieris, ligne 3, ça veut dire femme... Mais c'est de quel genre, siouplaît ?
La professeure, une maîtresse-femme que je vénérais, en avait cassé net sa craie sur le tableau noir avant de se retourner d'une pièce :
- Mulier, mulieris... Femme... Quelle honte, une question pareille !!! C'est de quel genre, À TON AVIS ?
Tassé sur sa chaise devant une indignation et une colère qu'il ne comprenait pas, mon cancre de voisin avait bafouillé, penaud, pendant que je rigolais sous cape :
- Euh... féminin, M'dame ?
On avait onze ans. On suait sur la version d'une langue difficile et point toujours si logique. Et Madame Rochard, d'habitude si pédagogue, avait soudain perdu son latin et sa patience, faisant fi de la règle numéro un de l'enseignement : il n'y a pas de sottes questions... hormis celle-ci, peut-être.
Parce que la parole donne vie à ce que l'on nomme. Parce que dire, c'est faire exister. Et que, donc, p
ar la chair du verbe, une femme, c'est féminin.
Évidemment.

Avant, oui, à la question "qu'est-ce qu'une femme ?", je m'en serais tirée grâce à toutes ces pirouettes. Oubliant - ou feignant d'oublier - l'essence même de la féminité, notre différence fondamentale avec ce sexe qu'on prétend fort : notre capacité à porter des enfants, qu'on en veuille ou non.
Depuis
cela, je ne peux plus l'ignorer.
Cette fouille m'a brutalement (re)mise face à moi-même, face au temps qui passe à mon insu, face à mes choix.
L'intrusion dans mes viscères m'a du même coup confrontée au plus viscéral : à mon désir ambigu, inavoué d'enfant et aussi, forcément, à la mort de ma mère. À ce maillage brutalement interrompu, à cette boucle que je ne bouclerai peut-être jamais.
Avant ma mère, il y eut ma grand-mère. Avant ma grand-mère, une arrière-grand-mère que je n'ai pas connue. Et avant elle encore, une ancêtre dont j'ignore le prénom.
De cette boucle infinie je suis l'
héritière jusque dans ma chair.
L'héritière, oui, mais peut-être à la fois
le point final d'une lignée qui, ayant pris corps avec moi, mourra dans le mien.
Là, la bonne élève du cours de latin qui se marrait en douce ne rigole plus du tout, elle se remémore.

Elle se
remémore ce soir où son feu son amour avait appelé de son ailleurs et murmuré d'une voix blanche :
- Ma vie, c'est du vide. Ma vie, c'est rien. Je passe à côté et je n'ai rien fait. Rien fait de ce que je voulais en faire.
Elle se remémore l'avoir questionné, ébahie :
-
Comme ?
Elle se remémore qu'il avait répondu :
- Avoir un enfant.

Elle se remémore ses mots qui le rassuraient d'avoir le temps, celui qui passe si différemment pour les hommes, pensant à part elle "Et que devrais-je dire, moi ?".
Elle se
remémore s'être surprise à penser trop vite, hors de propos, à ce que serait leur enfant s'ils en avaient un. À se demander s'il aurait sa chevelure sombre à lui ou sa blondeur à elle, des yeux d'Indonésie ou de Pologne.

Elle se remémore
ce soir où elle avait appelé dans son ailleurs et murmuré d'une voix exsangue :
- Le scanner n'est pas bon, je dois être opérée. Peut-être que le chirurgien devra... enlever.
Elle se remémore qu'il avait répondu :
- Tu seras peut-être privée de l'accessoire, mais pas de l'essentiel : la possibilité de porter un enfant et de le mettre au monde.

Elle se remémore ses mots qui la rassuraient, ses mots qui parlaient de solution médicale et de chemin à deux.
Un chemin que, croyait-elle, il était prêt à faire un jour à son côté, puisqu'il en parlait.


À la clinique elle s'est remémoré qu'elle n'était plus la petite fille du cours de latin, mais une femme enduite de Bétadine que le chirurgien allait couper en deux.

Mais avant la clinique ce fut une longue traversée. Une pente abrupte de cailloux où la petite fille réintégra son corps de femme en suppliant d'être une autre, tant il est vrai que le malheur n'arrive qu'aux autres.
Au fond, la petite fille savait bien que le "elle" était devenu un "je".
Un "je" qui se regardait en pied sans se reconnaître et massait son ventre stérile sans ressentir aucune douleur.
- Aucune, vraiment ? s'était étonné le chirurgien.
- Non, aucune.
Promis, juré, ni la petite fille ni la femme ne lui mentaient.

En vérité, femme ou petite fille, je ne ressentais rien et mon corps lui-même n'avait pas changé d'un pouce, du moins dans le miroir.
Mais à mes yeux, il s'était métamorphosé, parce que je savais.
Là se tenait toute la différence entre l'avant et l'après : je savais, et cette connaissance était en soi un fardeau.
À cause d'elle, du jour au lendemain, mon vieux complice de corps s'était changé en ennemi, en traître que je palpais, triturais, trifouillais sans relâche.
- Avoue que tu en chies, saloperie ! grondais-je en enfonçant mes doigts dans mon ventre.

- Avoue que tu souffres, mon petit... pleurnichais-je en le caressant à défaut de le guérir.
Peine perdue. Menace ou supplication, mon corps restait sourd.
Insidieusement, il était devenu une excroissance, un corps étranger que, loin de reconnaître, j'aurais expulsé, lacéré, fauché sur pied.

À grand peine je me contraignais à sa toilette. Le lavais
comme on se débarrasse à la va-vite d'une corvée plus tôt commencée, plus tôt finie.
Le vêtir - me vêtir - me causait un énorme souci. Plantée devant la glace, je voulais disparaître, noyer ce félon de vêtements informes mais me faisais violence.
- Non, je ne cèderai pas à ton chantage. Une jupe, des bas, c'est ainsi que les femmes s'habillent, pas vrai... ? Alors c'est ainsi que tu seras aujourd'hui habillé.
Je piochais au hasard dans ma penderie et m'en allais, claudiquant, avec ma jupe et mes bas de carnaval.
J'étais déguisée en femme mais derrière mon déguisement, je n'étais rien.
Rien, et surtout pas une femme digne d'un quelconque amour, incapable que j'étais d'enfanter.

La rupture avec cet homme est arrivée à ce moment-là, au pire moment s'il existe une échelle sur celle du pire.
En un mail il me confirma ce que je soupçonnais : lui ne m'aimait pas.
Et derrière cette négation, j'entendis la négation de ce que j'étais, moi.
Une fille qui l'aimait, femme de part sa naissance, foi du sang qui lui coule dans la douleur
une fois par mois entre les cuisses.
Une femme ?
Non, en vérité. Une chose sans sexe au ventre ravagé, juste bonne à donner aux chiens s'ils acceptent de s'en satisfaire.
Une petite chose triste à qui l'on a jeté un os à ronger car, ainsi qu'il me le dit
à des milliers de kilomètres en toute innocence - ou plutôt en toute cruauté :
-
Si je t'ai parlé de solution médicale et de chemin à deux, c'était en me le reprochant... Je te sentais si mal que, moi, je me sentais obligé... même si je ne le pensais pas.
Erreur, grossière erreur.
Il ne faut mentir ni aux petites filles ni aux femmes, parce que les unes comme les autres croient à ce qu'on leur raconte.
C'est sûrement pour cela que j'ai eu aussi mal.
C'est sûrement pour cela que
je suis incapable de lui pardonner. Et que j'ai chialé comme la môme que j'étais en écrivant cet article.

Identité XX, tiré du blog de Chut!, Sous le Signe du Lien
Et si le net était le nouvel enjeu de l'écriture ? Depuis quand ai-je lu un texte aussi fort ?



25.7.09

Répons de Normand


La scène où toute scène prend origine dans l'invisible sans langage est une actualité sans cesse active.


Pascal Quignard, Les Ombres errantes, Grasset, 2002.

21.7.09

Ah, paraître !


Tandis que les deux hommes se relevaient pour souffler, je leur fis part de cette bizarrerie, celle d'une automobile en panne retradée par d'autres en bon état de marche.
Ah, les bagnoles, dit l'un de deux gars.

(...)

Dans la rue en face de nous, deux hommes tiraient un chariot à bras rempli de vieilleries et de petit mobilier.
Si c'est pas malheureux, disait l'un des hommes.
Y'a toute une histoire là-dedans, disait le premier.
Et pffuitt, enchaînait le deuxième. Au clou. Si au moins on savait ce que ça va devenir, tout ce tintouin.


Antoine Choplin, Apnées, La fosse aux ours, à paraître.

8.7.09

5.7.09

Ysabel's Table Dance

Des castagnettes, une contrebasse entétante, la voix rauque et sensuelle de Lonnie Elder, le climat est étouffant : nous sommes dans un bar à strip tease de Tijuana. Jamais la tension / détente du jazz ne fut si délibérement érotique, indécente.


"Ysabel’s Table Dance sums up all we could buy in Tijuana. It includes the farout strip tease – spots in the music played by the piano represent the scantily clad woman spinning from table to table, reaching her hand out for tips, bills, or what-have-you. This composition, I believe, contains the fire, the pulse, and all that I felt as I heard the tune in my head with the movement of her body. It’s the last piece ; then I return to my true self and it’s all over but the music. "
Charles Mingus

Ysabel's Table Dance

Charles Mingus (contrebasse), Lonnie Elder (voix), Ysabel Morel (castagnettes), Clarence Shaw (trompette), Jimmy Knepper (trombone), Curtis Porter (saxophone alto), Bill Triglia (piano), Dannie Richmond (batterie), Frank Dunlop (percussions)
Tijuana Moods - RCA/Victor - 1962

2.7.09

Dozo



Tout se passera dans un lieu étranger, une ville peuplée uniquement de gens, de morts, de blattes et d'Untermenschen.

(...)

Cette mort sera pour vous le début d'une longue existence sans issue. Sans perspective et sans issue.



Antoine Volodine, Dondog, Seuil, 2004.

16.6.09

La soupe à la grimace


— Mais on ne peut pas s'y fier. Les femmes sont bêtes, même celles qui paraissent intelligentes.
— Ne dis pas cela, je fais mon possible pour ne pas songer au pire.


Junichirô Tanizaki, Le Goût des orties, Gallimard, coll. "L'Imaginaire", 1928 (1959 pour la traduction française).

11.6.09

Un chat passant parmi les livres


Aussi mobile sur l'océan

la maison de Charlot et de Big Jim

bientôt celle de Georgia

messieurs éternels émigrants

sont-ils sur un Titanic ?

du moins une ville flottante

île à hélice, Ellis Island

les vents en copropriété

les ouvertures, les dangers

les mobiliers vissés au sol

"sans lesquels je ne peux pas vivre".


Jacques Jouet, "Les maisons de Charlot dans La ruée vers l'or", Pagaille, Geste (revue éditée par l'association Gestuelles 2004) n°05, Automne 2008.

6.6.09

Ses quinquets sont en biais

Le travail pour lui c'est la chose

La plus sacrée : il y touche pas.

Fréhel, "Tel qu'il est", 1936.

2.6.09

Le saviez-vous ?


Personne ne peut se sentir soulagé quand un enfant meurt, allègue Remigio. Si demain je me pends à l'avocatier, tu seras soulagé ? Si les gendarmes viennent me chercher, tu seras content ? Lucio se met à rire. On dirait que tu lis des romans américains, dit-il, tu parles comme leurs personnages. Depuis que Folsom est mort, les Américains écrivent des mélodrames sur des parents égoïstes, vicieux ou pleins de manies et sur des enfants qui en souffrent les conséquences. Toute une génération d'écrivains employée à dénigrer ses parents.

(...)

Savez-vous que, sur vingt-huit pages publiées, on n'en lit qu'une ? Car il y a les livres qu'on offre à des gens qui ne lisent pas, d'autres échouent dans une bibliothèque sans lecteurs, on en achète pour remplir des étagères, certains sont offerts pour l'achat d'un autre produit, le lecteur se lasse dès le premier chapitre, ils ne sortent jamais de l'entrepôt de l'imprimeur, ou bien les livres sont achetés sur un coup de tête.

(...)

Une femme ne s'intéresse pas à un homme pour le sauver. Comme employé peut-être, conclut-elle, mais quand il s'agit d'aimer un homme, qu'il soit une bonne âme, c'est secondaire.


David Toscana, El último lector, roman traduit de l'espagnol (Mexique) par François-Michel Durazzo, Zulma, 2009.

27.5.09

Dans la mémoire de mon téléphone - sixième

Huit propositions qui fixent le temps, puisque le moderne est une future vieillerie :



23.5.09

"L'imperfection propre à tout ce qui vit"



Elle se lève. Très haut dans le ciel une petite croix d'argent brille et fait en avançant un bruit de velours qu'on déchire. Il la regarde marcher le long de l'eau, tourner, revenir vers lui - ce corps menu, contractile ; dissimulant (derrière le poli, le doré de la peau, l'innocence des petites mains ouvertes) le désordre organique, le repoussant tumulte - bruissement de sang, précaires battements de coeur -, l'imperfection propre à tout ce qui vit ; fier semble-t-il, ou en tout cas satisfait, debout sur la table, près de l'eau, dans le soleil, de son angoissante et menteuse harmonie. Elle s'approche, une mèche de cheveux noirs sur l'épaule gauche, souriante, les sourcils légèrement haussés comme pour lui demander de cesser le jeu - et lui, la gorge lourde, regarde ce corps menu, candide, cette pitoyable beauté, vers laquelle le porte cette impulsion tout aussi pitoyable, ce désir de se cacher, de ne plus se voir, de se perdre, qu'on appelle l'amour, ou encore le désir, ou encore la haine - selon les preuves qu'on en donne - et même la Foi.

Jean-René Huguenin, La côte sauvage, Seuil, 1960

18.5.09

Qui bene amat bene castigat


Il pleure pour rien
En se gavant de pommes de pin
Il se cogne à tous les coins
Qui aime bien châtie bien


Bertrand Betsch, "Le grand embarras" {http://www.virginmega.fr/musique/titre/bertrand-betsch-le-grand-embarras-102731367,page1.htm}, La Soupe à la grimace, Labels-Lithium, 1997.



12.5.09

Elles sortaient toujours de relations dont les imperfections morales et la frénésie sexuelle avaient réveillé en elles le besoin de compenser avec lui


Il faisait nuit quand il rentra chez lui pour apprendre, par son petit boîtier de reconnaissance des numéros, qu'il n'avait pas eu d'appels, pas un seul, et tout en essayant de prendre une décision à propos de la fête, il plaça de nouveau le téléphone dans sa position d'attente. Dix minutes plus tard - il développait une longue et complexe analogie entre la fête et le pitoyable premier congrès des sociaux-démocrates russes à Stockholm en 1898 - il ressentit une explosion à proximité de ses testicules. Il le savait ! Quand on attendait encore et encore - comme les révolutionnaires avaient patiemment attendu - on était récompensés dans cette vie.

" Moufka ?"

C'était Sacha. Oh oui, c'était elle. Et son coeur s'emplit de larmes.


(...)


"T'es où ? a-t-elle demandé.

- J'arrive à York, patrie de la plaque d'acier de vingt kilos.

- En Pennsylvannie ?

- Oui. Ça roule beaucoup mieux sur la 78 que sur la 95.

- Au milieu de la nuit ?

- Ecoute, c'est comme ça qu'on fonctionne.

- Pourquoi t'as pas appelé ton oncle ?

- Parce que je l'ai pas appelé. Et je l'appelerai pas. Il n'a pas voté à la dernière élection. Il s'est abstenu.

- Il a fait ça ?

- Ouais. Il a dit que ça faisait pas de différence qui était Président.

- Il a dit ça ? " Arielle est restée muette un instant. " Bon, a-t-elle repris, on se vengera en faisant chez lui des choses terribles qu'il désapprouverait.

- Il vient d'Union Soviétique, Arielle. C'étaient des athées. Il ne désapprouve rien en dehors de l'argent.

- On commandera des repas hors de prix.

- À Washington Heights ?

- On jettera de l'argent dans la cheminée.

- Je l'appelerai pas.

- Arf ", a fait Arielle.

Sa façon de le prononcer m' a plu. " Refais-le, ai-je dit. Refais ce bruit.

- Non ", a dit Arielle, puis elle m'a rendu à la route et à moi-même.


(...)


La thèse de Mark, tout compte fait, portait sur Ronan Sidorovitch, "le comique menchevik". Lénine l'avait surnommé ainsi, menchevitskiy khakhmach, en 1911. Sidorovitch s'en amusa. "Je préfère être un menchevitskiy khakhmach, avait-il dit (à des amis), plutôt qu'un bolchevitskiy palach." Je préfère être un comique menchevik qu'un boureau bolchevik. Oups.


Keith Gessen, La Fabrique des jeunes gens tristes, traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Stéphane Roques, II, "Mark : Parfois comme Liebknecht" et " Keith : Oncle Micha", III, "Mark : Phénoménologie de l'esprit", L'Olivier, 2009.

10.5.09

On livre inculte


Mais la langue pour moi est tout sauf un caniche,
Car la mort nous attend au bout de l'hémistiche.


Claro, note de traduction du roman de Vikram Seth Golden Gate, Grasset, 2009.

2.5.09

Une ordure

Le bon truc, c'est de donner une fois à la nouvelle nana tout ce qu'elle peut désirer, de sorte que sachant que tu en es capable, elle va passer son temps à se maudire intérieurement de ne pas réussir à réactiver ta passion pour elle.
Les meilleurs amants savent bien qu'il suffit d'être une fois un bon amant.
Assure le coup la première fois, et aprés, tu pourras quasiment en faire ce que tu veux.
Elles finiront par picoler en declarant que tu n'es qu'un sale con d'égoïste, cela généralement aprés des années d'auto analyse infructueuses, mais d'ici là, tu en auras eu ta dose et tu seras déjà en train d'en tringler une autre.

Irvine Welsh - Une Ordure (Filth) - Traduction Alain Defossé - Points - 1988

28.4.09

Codes Postaux


92 kilogrammes dans l'zen /

9,3 centilitres d'alcool dans l'sang


Booba, "Ouest Side" (2006) /
Sefyu, "La Légende" (2006).