24.10.14
Comme un égal parmi tous ces gens
Ce procès, cet acte délirant, et puis après, tout le monde qui part en Sibérie, les autres qui se marient, et tout ça si vite, si vite, et tout se mélange, et, finalement, il n'y a rien, tout le monde est vieux, et le pied dans la tombe.
Fédor Dostoïevski, Les Frères Karamazov (trad. André Markowicz), quatrième partie, livre onzième : "Le frère Ivan Fiodorovitch" (III. Le peton malade), 1880, éd. Actes Sud, coll. Babel, vol. 2.
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25.9.14
J'étais cet homme
Et un ciel dans une fleur sauvage
Tenir l’infini dans le creux de la main
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17.7.14
Conscience à vendre
Tout le comique humiliant des contradictions humaines disparaîtra comme un mirage pitoyable, comme une sale petite invention de l'esprit euclidien de l'homme, impuissant et petit comme un atome.
Fédor Dostoïevski, Les Frères Karamazov (trad. André Markowicz), deuxième partie, livre cinquième : "Pro et contra" (III. Les frères font connaissance),1880, éd. Actes Sud, coll. Babel, vol. 1.
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7.5.14
Frapper là où ça compte
Et tu n'étais pas là. Je t'aime, Véronique.
(...)
Les jours de la vie sont pareils
À des limonades éventées
Jours de la vie sous le soleil,
Jours de la vie en plein été.
(...)
J'ai connu vers onze heures quelques minutes de bonne entente avec la nature.
(...)
Je n'ai plus d'intérieur,
De passion, de chaleur ;
Bientôt je me résume
À mon propre volume.
(...)
Il y aura la mort tu le sais mon amour
Il y aura le malheur et les tous derniers jours
(...)
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13.3.14
Vue du toit
Ils ont changé le temps en ennemi. Vivre c'est gagner du temps ; attendre c'est mourir. Voilà désormais l'étrange règle.
Fabrice Loi, Le Bois des hommes, éditions Yago, 2011.
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15.2.14
Ce vase mais jamais de fleurs
Est-ce qu'une porte, fût-elle une merveille d'artisanat en chêne tricentenaire éminemment respectable, peut protéger un monde qui a déjà trop vécu ?
(...)
Les bavards meurent-ils en silence ?
(...)
L'homme démuni de tout se méfie des certitudes : l’expérience lui a appris qu'il en est toujours exclu.
(...)
Et personne pour faire remarquer que les chefs d'oeuvre d'enfants, ces nains à demi fous, relèvent de la psychiatrie.
(...)
Pour la petite histoire, notons que ces télégrammes figurent tous trois aujourd'hui à la place d'honneur du musée de l'Antiracisme, dans les nouveaux bâtiments de l'ONU, à Hanoi, comme les derniers témoignages d'une haine désormais punie.
(...)
Autant s'y abreuver soi-même...
(...)
La vraie Droite n'est pas sérieuse. C'est pourquoi la Gauche la hait, un peu comme un bourreau haïrait un supplicié qui rit et se moque avant de mourir.
(...)
Lorsqu'on prend des attitudes, il faut saisir l'occasion de les servir. Faute de quoi l'on est pas un homme.
(...)
L'Occident, c'était cela aussi, une certaine forme de pensée précieuse, une connivence d'esthètes, une conspiration de caste, une indifférence aimable au vulgaire.
(...)
La chute de Constantinople est un malheur personnel qui nous est arrivé la semaine dernière.
Jean Raspail, Le Camp des Saints, Robert Laffont, 1973.
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20.12.13
Dernier mot
Je ferai tout pour survivre aux gens que j'aime.
(...)
La mort n'est que la vie ralentie.
(...)
Parler toutes les langues ne protège pas du pire.
(...)
La douleur est une langue commune. Chaque rage de dents, chaque mal aux pieds, chaque souffrance fait écho à la douleur de naître.
(...)
Shanghai est le chemin le plus court entre hier et demain.
(...)
Je vis en Chine la vie du dernier des Mohicans. La fin de l'art. L'avènement du folklore. La France me manque. La Chine me manque encore plus.
(...)
Le plus lointain des voyages est une prière pour les morts.
Philippe Rahmy, Béton armé, La Table Ronde, 2013.
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6.12.13
Seul à Vigo
Cette attitude était bien typique de notre monde familier : plus on était mort, plus on vous aimait.
(...)
Quand quelqu'un est mort, on dit de lui qu'il est enfin tranquille.
Fritz Zorn, Mars, Gallimard, 1977.
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18.10.13
La Croix du Sud
Aujourd'hui j'ai souvent l'impression de pourrir sur place. Je me raisonne. Au bout d'un moment cette impression se dissipe et il ne reste qu'un détachement, une sensation de calme.
(...)
Tout finit par se confondre. Les images du passé s'enchevêtrent dans une pâte légère et transparente qui se distend, se gonfle et prend la forme d'un ballon irisé, prêt à éclater. Je me réveille en sursaut, le cœur battant. Le silence augmente mon angoisse.
Patrick Modiano, Dimanches d'août, Gallimard, 1986.
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24.9.13
Un poil dans la tête
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9.9.13
Un mot
On eût pu, à ce film sous-tiré du regretté Feydeau par les voies les plus naturelles, donner pour sous titre Au flanc du vase, à la manière de Samain, ou bien, parodiant Pirandello, Cinq personnages en quête d'odeur. L'odeur, pardon, l'auteur sacrifie tout de même un peu trop à la mode du marron. Il épuise son sujet, si j'ose ainsi parler. On souffrira que je ne m'étende pas sur cette matière, car ce vase, pour notre déveine, d'un coup d'éventail fut privé. Un mot, revenu de la morne plaine, résumerait cette nauséabonde petite histoire, la bienséance et mes convictions politiques m'interdisent de l'employer à un maréchal d'Empire*.
Richard-Pierre Bodin à propos d'On purge bébé de Jean Renoir, article paru dans Le Figaro du 19 juillet 1931.
(*) : Cambronne, dont Jean Yanne disait qu'il "ne mâchait pas ses mots. Heureusement pour lui.", ne fut en réalité que général d'Empire.
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30.6.13
Mines dormance
(...) une floraison exceptionnelle de l'objet grand objet : d'un côté les parkings du degré zéro de l'architecture et de l'autre les prouesses du grand art au service des maîtres du monde.
Jamais peut-être l'écart entre le réel du bâti à fonction sociale et l'architecture oeuvre d'art n'avait été si grand, tout se passant comme si deux mondes cohabitaient sans se voir, l'un regardant peut-être l'autre de temps en temps, le soir à la télévision, à l'heure de paillettes.
Jean-Christophe Bailly, "Pour une architecture réintégrée", La Phrase urbaine, Seuil, coll. Fictions & Cie, 2013.
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12.6.13
décret sur l'immortalité
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28.5.13
Altius
Le degré de vertu auquel un homme peut atteindre un jour est aussi inconcevable pour nous que celui auquel la force du génie peut être portée.
Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, Fragment sur l'Atlantide [posthume, 1804], Paris, Garnier-Flammarion (rééd. Alain Pons), 1988.
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17.5.13
Dear Mickey Mouse...
Walt Disney ressemble irrésistiblement à son héros. Il y a en Mickey le même raffinement, une liberté du geste, de l'élégance.
(...)
La poétique épique de Chaplin - c'est le "Paradis perdu" ; la poétique de Disney - c'est le "Paradis retrouvé".
(...)
Que sont à Dingo les jeux des nuages et des nuées dans le ciel, ou la vapeur verdâtre des fantômes infiniment changeante dans la maison déserte ?
(...)
Bambi c'est un tournant vers l'extase, sérieuse, éternelle : c'est le cycle de la vie - les cycles répétitifs des vies.
Serguei Eisenstein, Walt Disney, 1941-42, texte établi par Naum Kleiman et traduit du russe par André Cabaret, Circé éd., coll. Poche, 2013.
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15.5.13
Arrière des trains courts
Iago Piret-karll n'en vint pas d'emblée au principe de l'Onirisme Horloger – ou OH. Ce fut long et, à vrai dire, tortueux. S'explique ainsi l'âpre débat épistémologique et les querelles d'historiographes qui s’en suivirent, dont l'écho parvient encore à nos oreilles. Tous les OH-séants, quoi qu'il en soit, s'accordent aujourd'hui sur un point : l'extrême prédestination biographique qu'était la sienne à devenir le théoricien que l'on sait. Sa vie, en quelque sorte, fut le terreau idéal pour fixer les connecteurs qui manquaient à nos songes. « Nous n'osions en rêver » est à cet égard le mot d'ordre le plus fréquemment cité par nos instances. PkI (nous le nommerons dorénavant selon cette acception désuète mais efficace, qui, et on peut s'en étonner, apparaît dénuée de toute portée péjorative) a mis un point d'honneur à ne jamais noter le récit de ses rêves. En retour son existence fut, chaque jour un peu plus, l'horizon projectif de songes rendus précis par l'expérience. OH (dont nous supprimons le point d'exclamation final, en vertu des minutes du troisième colloque fondamental) prit son envol dans l'atmosphère de ce que, en termes d'industrie du divertissement vingtièmiste, on nommait une saga. Est-ce un paradoxe si la joie est au final ce qui caractérise OH ? Nous devrons chercher à le savoir, quand bien même une vie de rêve n'y suffirait pas.
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4.5.13
Coquille pleine
Avant de disposer de cinq semaines de vacances, le monde du travail est passé d'une forme d'oisiveté forcée à une surcharge de travail. On travaillait moins avant la révolution industrielle, la moyenne des durées journalières de travail excédait à peine quatre heures, selon les historiens. Les fêtes religieuses, les pèlerinages et le rythmes de la vie agricole faisaient qu'on travaillait moins au Moyen Âge.
Rachid Amirou, L'Imaginaire touristique, PUF, 1995.
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26.4.13
Cité d'émeraude
« Robespierre ! Robespierre !... ah , si vous aviez vu ses yeux verts, vous l'auriez condamné comme moi. »
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19.4.13
Heureux est l’homme qui a connu la grâce
Andreï Tarkovski, "Discours sur l’Apocalypse", Londres, 1984 (paru dans Iskusstvo kino, 1989, n°2).
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3.4.13
Paysage pré-posthume
Les torts que [la race présumée raciste] subit ne sont qu'une chose : la preuve des torts qu'elle inflige.
Renaud Camus, discours prononcé le 4 novembre 2012, Le Grand Remplacement, Chez l'auteur.
| Droits : Renaud Camus (CC BY 2.0) |
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