26.4.24

Du pain bénit et des jeux



Déjà, depuis la retraite, les coups de fil s'étaient faits plus rares alors qu'elles avaient cru qu'elles disposeraient d'un temps infini pour se raconter leurs vies. Mais il n'y avait plus grand-chose à raconter. Des voyages, des musées. Le couronnement d'une existence vouée, finalement, à la consommation morne, à la contempla- tion passive. Elle avait participé à d'innombrables manifs, au temps béni où l'on vous laissait défiler sans vous énucléer, sans vous gazer. Temps joyeux et insolent où l'on croyait au progrès avec une ferveur intacte. Que restait-il du monde ?


Luc Blanvillain, Sur les roses, Quidam, 2024


11.4.24

Sur les toits de Stockholm



Nous buvions du vin trouble fait maison et essayions, en hurlant de toutes nos forces, d'accéder au cœur même de l'existence, dans l'idée que nous étions plus proches du ciel parce que nous nous trouvions sur un toit.


Ia Genberg, Les Détails, Le Bruit du monde, 2024 (trad. Anna Postel).