20.10.16
L'idiot sur la langue
Tu sais, vieux Max, maintenant que je suis un idiot sur une langue de sable, tout me manque, la Révolution, Paris, les galops à l'aveugle, les nuits d'une heure, et même ton air de curé, tes bésicles avec le reflet terrible et finalement touchant de Saint-Just dans tes verres, le temps qui nous perd, la poussière de nos lois. Je suis las, Robespierre, et j'ai très faim et très soif dans mes habits de terre. Fais un effort, faux frère, vis encore un peu, viens dans mon île boire un verre de malbec ou de thé noir : je t'attends, crapule, j'ai confiance.
Thierry Froger, Sauve qui peut (la révolution), Actes Sud, 2016.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
12.9.16
Contre le Pacifique, contre la vie
Oui j'ai fait des cabanes. Mais j'étais assez mauvais en cabanes. Je faisais des barrages, j'avais un excellent niveau en barrages.
Michel Houellebecq, entretien avec Yan Céh, Palais, le magazine du Palais de Tokyo, n°23, juin 2016.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
26.8.16
Jeezy Redux
Les productions futuristes et oppressantes de Young Jeezy avaient quelque chose de wagnérien dans leurs déferlantes grandioses – pas le Wagner des opéras, le Wagner des hélicoptères – qui donnait aux sermons en deux dimensions de Jeezy une improbable profondeur.
Pierre Evil & Fred Hanak, "Gangsta Rap : un post-sciptum", revue Audimat n°5, mai 2016.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
21.7.16
Le Bouquet sans fin
Lenval renferme toujours le secret des crises de mon frère aîné, celui de nos aller-retours auprès des équipes médicales avouant pour finir ignorer ce que ce gamin de dix ans pouvait avoir dans la tête qui lui vrillait à ce point les viscères et les sens.
Si le véhicule blanc criblé d'impacts noirs ne s'était pas arrêté devant le palais de la Méditerranée, façade aveugle qui a tant marqué mon enfance, il aurait, qui sait, poursuivi sa course folle le long de la place puis du lycée Masséna, où Apollinaire s'essayait à la poésie sous le nom de Guillaume Macabre, jusqu'à l'hôpital Saint-Roch où je fus transporté toutes sirènes hurlantes par les pompiers appelés à m'extraire de la mare de sang dans laquelle une chute de vélo m'avait plongé.
Je suis vivant vingt-deux ans plus tard, tant sont morts peu après vingt-deux heures. Morts non loin d'où je suis né, boulevard Tsarévitch. Le même hasard, un destin inverse et la moindre des choses, pour moi, d'honorer leur mémoire jusqu'au bout, sans savoir le jour ni l'heure.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
20.7.16
Solitude semaine 1 : Slick Rick le rouleur
on ne peut jamais
vraiment stop-vouloir
d'appartenir encore
à la file dans la foule à caddie des caisses
des rayons entiers de produits
et dans les allées de néons, je
calcule un prix possible
où des gens m'arrivent et demandent
jour 3 : ou bien le monde
a eu lieu
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
23.6.16
Utopie partout
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
14.6.16
Mater / Matar
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
13.6.16
Awopbopaloobop Alopbamboom
Une danse si forte qu'il faudrait une civilisation pour l'oublier. Et dix secondes pour s'en souvenir.
Butch Hancock, chanteur de rockabilly, à propos de la première apparition d'Elvis Presley à la télévision (dans le Ed Sullivan Show du 9 septembre 1956), apparition à laquelle Bruce Springsteen assista au seuil de l'âge de (dé)raison, pour y placer ensuite en toute connaissance de cause l'origine de son cœur.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
30.5.16
Saint-Martin-de-Pétersbourg
Greil Marcus, Lipstick Traces. Une histoire secrète du vingtième siècle (trad. Guillaume Godard), Allia, 1998.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
10.5.16
Braquage et braconnage
On se suicide pas
On préfère le braquage
PNL, "Obligés de prendre", Que la famille, 2015.
Je ne pense, depuis quelque temps, qu'à ma disparition prochaine, sinon imminente, et sens la mort qui rôde et fouine sans arrêt autour de moi comme un cochon truffier.
Mon moral, d'habitude d'acier, ressemble le plus souvent maintenant à du mou de veau !
Siné, dernière "mini-zone", sinemensuel.com, 4 mai 2016.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
29.4.16
Long Time Coming
In a world of doubt and fear
Wake at night and reach to find you near
Bruce Springsteen, Happy (1991).
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
5.4.16
L'Artillerie de l'amour
Il y avait deux lettres de petit format avec des en-têtes et des tampons officiels, couvertes de quelques lignes d'une fine écriture, comme officielle elle aussi, laconique, comme des ordres ou des communiqués militaires, et trois ou quatre de ces cartes postales que les amoureux ou les maris des domestiques ont coutume d'envoyer. Une fois elle laissa tomber l'une d'elle que le garçon ramassa. Elle représentait en sépia sur fond marron un canon de 75 en position de tir auprès duquel se trouvait un soldat coiffé d'un képi, une bande rouge courant le long de sa culotte, un genou à terre, une main en visière, l'autre tendue, l'index en avant, dans la direction où le canon était lui-même pointé. Dans le coin gauche et un peu en arrière du canon, apparaissait dans un halo clair le visage souriant d'une femme blonde au-dessus d'un bouquet de roses. Calligraphiés en grandes lettres blanches dans la partie supérieure de la carte, on pouvait lire les mots ON LES AURA suivis d'un point d'exclamation.
Claude Simon, L'Acacia, Minuit, 1989.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
8.3.16
One way to live cheaply and without tears?
Je me souviens, dit Austerlitz, qu'Alphonso nous fit un jour cette remarque, à son petit-neveu et moi, que sous nos yeux tout pâlissait, que les plus belles couleurs avaient déjà presque toutes disparu ou qu'on ne les trouvait plus que là où personne ne les voyait, dans les jardins aquatiques, à des dizaines de brasses sous la surface de la mer.
(...)
Quand ils sont trop à l'étroit, les morts, à l'instar des vivants, s'exilent vers des contrées moins surpeuplées où ils peuvent trouver leur repos à distance raisonnable les uns des autres.
(...)
Je ne lisais pas de journaux, de crainte, je le sais aujourd'hui, de tomber sur des révélations inopportunes, je n'allumais la radio qu'à certaines heures, j'affinais au fil du temps mes réactions de défense et me créais une sorte de système de confinement et d'immunisation qui me protégeait contre tout ce qui, de près ou de loin, se rattachait aux antécédents historiques d'une personnalité, la mienne, cantonnée dans un espace de plus en plus restreint.
W. G. Sebald, Austerlitz, Actes Sud, 2001.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
21.1.16
La manteau piégeux
« Moi, je n'en ai plus pour longtemps, la mort n'oublie personne, dit-il. Tous les jours, je l'entends arriver au coin de la rue, mais, chaque fois, c'est juste la vache du voisin ou un chien ou l'ombre d'une des âmes qui rôdent par là ! »
Robert Seethaler, Une vie entière, Sabine Wespieser éd., 2015.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
30.12.15
Magnolia shit
For the music was strange indeed. Cavalry charges of drums were set against spectral stabs of melody and a jaunty little string theme, rising and falling, than ran through the piece like memory: mysterious, nagging, with flashes of pagan joy and an incurable melancholy at heart, much like New Orleans itself.
Nik Cohn, Triksta. Life and Death and New Orleans Rap, Harvill Secker, 2005.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
30.11.15
Mauvaise pensée rue des écoles
Lu le Journal de deuil de Barthes, notes prises après la mort de sa mère dont il ne se remit jamais, au point que certains de ses proches ont pensé qu'il s'était laissé mourir.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
23.9.15
Ghost-rapper
Désormais, alors que les Noirs de South Central ne rêvent que de cognac et de maisons victoriennes aux blanches colonnades, les Blancs du Midwest s'appellent Nigga entre eux, fantasment sur le fait d'être des Négros en prison et prétendent être atteints "d'une maladie rare de la peau qui les fait apparaître comme blancs, alors qu'en fait à l'intérieur ils sont Noirs".
Pierre Evil, Gangsta-rap, Flammarion, coll. Pop culture, 2005.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
27.8.15
Clarity Bob

Avec le cinéma, Los Angeles avait donné à la culture populaire l'image ; en instituant le studio comme un instrument à part entière, Phil Spector lui donna le son.
Pierre Evil, Gangsta-rap, Flammarion, coll. Pop culture, 2005.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
19.7.15
1945
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
22.5.15
Un CV pirandellien
Je n'ai jamais réussi à me donner une réponse précise [à la question de ma carrière professionnelle], car parfois il m'arrive à moi aussi de me le demander. Parfois je trouve une réponse noble, élevée, digne d'un ténor lançant un ut de poitrine ; mais le plus souvent, des réponses plus modestes : les nécessités de la vie, le hasard, la paresse...
Leonardo Sciascia, Le Chevalier et la Mort, Fayard, 1989.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
14.5.15
Fils du précédent
Le remake comme mode d'existence technique et humain : les copies et les enfants ; non plus la noblesse d'une dynastie mais le cauchemar de la reproduction politico-littéraire : fils de journalistes, de philosophes, de rockers, de chanteurs, d'humoristes, de syndicalistes, etc., tous voués à la réduplication du Système. Sortie de l'Histoire, chute infinie dans la multitude de soi...
Richard Millet, Le Corps politique de Gérard Depardieu, Pierre-Guillaume de Roux, 2014.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
7.5.15
Incertitude, ô mes délices

Vous vous appelez Werner Karl Heisenberg.
Vous avez trente-cinq ans et, entres autres choses essentielles, vous êtes physicien.
Ce soir, vous êtes attendu chez des amis pour interpréter la partie de piano d'un trio de Beethoven.
Le miroir que vous tend la proximité de vos semblables, ces âmes perdues qui s'obstinent à parodier la vie, vous semble bien plus difficile à supporter que la solitude et vous préféreriez ne pas vous y rendre.
Par loyauté, par épuisement ou par courtoisie, vous vous y rendrez quand même.
Jérôme Ferrari, Le Principe, Actes Sud, 2015.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
17.4.15
Laissez-moi des cendres
J'étais bien placé pour savoir combien les livres peuvent être destructeurs, et cependant je ne connaissais pas de plus sûr moyen de garder auprès de soi ceux que nous aimons le plus.
Lionel Duroy, Le Chagrin, Julliard, 2010.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
13.3.15
Un joyau comme preuve de son passage
J.M. Coeetze, The Childhood of Jesus, Harvill Secker, 2013.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
6.2.15
Sang famille
Durant les quelques mois précédents, Cupido avait été un des mentors de Griessel en matière de nouvelles technologies. Ça faisait longtemps qu'il l'asticotait pour qu'il achète un smartphone Android. "Un HTC, Benny. Ne prends pas un Samsung. Ces types sont les nouveaux Illuminati, Benny, ils sont en train d'étendre leur contrôle sur le monde, gadget après gadget. Ne jamais faire confiance à un fabricant de téléphones qui produit des frigos, pappie".
Deon Meyer, Kobra, Seuil, coll. Policiers, 2014.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
16.1.15
En fait
Il est probablement impossible, pour des gens ayant vécu et prospéré dans un système social donné, d'imaginer le point de vue de ceux qui, n'ayant jamais rien eu à attendre de ce système, envisagent sa destruction sans frayeur particulière.
Michel Houellebecq, Soumission, Flammarion, 2015.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
15.1.15
Des hirondelles légèrement inquiètes
Je me promenai pendant un quart d'heure sous les arcades de poutrelles métalliques, un peu surpris par ma propre nostalgie, sans cesser d'être conscient que l'environnement était vraiment très moche, ces bâtiments hideux avaient été construits durant la pire période du modernisme, mais la nostalgie n'a rien d'un sentiment esthétique, elle n'est même pas liée non plus au souvenir d'un bonheur, on est nostalgique d'un endroit simplement parce qu'on y a vécu, bien ou mal peu importe, le passé est toujours beau, et le futur aussi d'ailleurs, il n'y a que le présent qui fasse mal, qu'on transporte avec soi comme un abcès de souffrance qui vous accompagne entre deux infinis de bonheur paisible.
Michel Houellebecq, Soumission, Flammarion, 2015.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
30.12.14
La troïka emportée

Marie [Vapereau], ayant déjeuné, étant assez confortablement installée dans son périclodnoï, jouissant du beau soleil qui nous est revenu, a retrouvé sa bonne humeur. Elle se félicite maintenant de cette sécheresse qui nous a permis d'ajouter à nos souvenirs la téléga, le périclodnoï, de nouvelles punaises, la famine et enfin les villages tatars.
Charles Vapereau, Voyage en Sibérie. De Pékin à Moscou (sur la base du récit "De Pékin à Paris. La Corée, l'Amour et la Sibérie", Hachette, 1894), Éditions de l'Amateur, collection Sépia, 2008.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
24.10.14
Comme un égal parmi tous ces gens
Ce procès, cet acte délirant, et puis après, tout le monde qui part en Sibérie, les autres qui se marient, et tout ça si vite, si vite, et tout se mélange, et, finalement, il n'y a rien, tout le monde est vieux, et le pied dans la tombe.
Fédor Dostoïevski, Les Frères Karamazov (trad. André Markowicz), quatrième partie, livre onzième : "Le frère Ivan Fiodorovitch" (III. Le peton malade), 1880, éd. Actes Sud, coll. Babel, vol. 2.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
25.9.14
J'étais cet homme
Et un ciel dans une fleur sauvage
Tenir l’infini dans le creux de la main
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
17.7.14
Conscience à vendre
Tout le comique humiliant des contradictions humaines disparaîtra comme un mirage pitoyable, comme une sale petite invention de l'esprit euclidien de l'homme, impuissant et petit comme un atome.
Fédor Dostoïevski, Les Frères Karamazov (trad. André Markowicz), deuxième partie, livre cinquième : "Pro et contra" (III. Les frères font connaissance),1880, éd. Actes Sud, coll. Babel, vol. 1.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
7.5.14
Frapper là où ça compte
Et tu n'étais pas là. Je t'aime, Véronique.
(...)
Les jours de la vie sont pareils
À des limonades éventées
Jours de la vie sous le soleil,
Jours de la vie en plein été.
(...)
J'ai connu vers onze heures quelques minutes de bonne entente avec la nature.
(...)
Je n'ai plus d'intérieur,
De passion, de chaleur ;
Bientôt je me résume
À mon propre volume.
(...)
Il y aura la mort tu le sais mon amour
Il y aura le malheur et les tous derniers jours
(...)
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
13.3.14
Vue du toit
Ils ont changé le temps en ennemi. Vivre c'est gagner du temps ; attendre c'est mourir. Voilà désormais l'étrange règle.
Fabrice Loi, Le Bois des hommes, éditions Yago, 2011.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
15.2.14
Ce vase mais jamais de fleurs
Est-ce qu'une porte, fût-elle une merveille d'artisanat en chêne tricentenaire éminemment respectable, peut protéger un monde qui a déjà trop vécu ?
(...)
Les bavards meurent-ils en silence ?
(...)
L'homme démuni de tout se méfie des certitudes : l’expérience lui a appris qu'il en est toujours exclu.
(...)
Et personne pour faire remarquer que les chefs d'oeuvre d'enfants, ces nains à demi fous, relèvent de la psychiatrie.
(...)
Pour la petite histoire, notons que ces télégrammes figurent tous trois aujourd'hui à la place d'honneur du musée de l'Antiracisme, dans les nouveaux bâtiments de l'ONU, à Hanoi, comme les derniers témoignages d'une haine désormais punie.
(...)
Autant s'y abreuver soi-même...
(...)
La vraie Droite n'est pas sérieuse. C'est pourquoi la Gauche la hait, un peu comme un bourreau haïrait un supplicié qui rit et se moque avant de mourir.
(...)
Lorsqu'on prend des attitudes, il faut saisir l'occasion de les servir. Faute de quoi l'on est pas un homme.
(...)
L'Occident, c'était cela aussi, une certaine forme de pensée précieuse, une connivence d'esthètes, une conspiration de caste, une indifférence aimable au vulgaire.
(...)
La chute de Constantinople est un malheur personnel qui nous est arrivé la semaine dernière.
Jean Raspail, Le Camp des Saints, Robert Laffont, 1973.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
20.12.13
Dernier mot
Je ferai tout pour survivre aux gens que j'aime.
(...)
La mort n'est que la vie ralentie.
(...)
Parler toutes les langues ne protège pas du pire.
(...)
La douleur est une langue commune. Chaque rage de dents, chaque mal aux pieds, chaque souffrance fait écho à la douleur de naître.
(...)
Shanghai est le chemin le plus court entre hier et demain.
(...)
Je vis en Chine la vie du dernier des Mohicans. La fin de l'art. L'avènement du folklore. La France me manque. La Chine me manque encore plus.
(...)
Le plus lointain des voyages est une prière pour les morts.
Philippe Rahmy, Béton armé, La Table Ronde, 2013.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
6.12.13
Seul à Vigo
Cette attitude était bien typique de notre monde familier : plus on était mort, plus on vous aimait.
(...)
Quand quelqu'un est mort, on dit de lui qu'il est enfin tranquille.
Fritz Zorn, Mars, Gallimard, 1977.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
18.10.13
La Croix du Sud
Aujourd'hui j'ai souvent l'impression de pourrir sur place. Je me raisonne. Au bout d'un moment cette impression se dissipe et il ne reste qu'un détachement, une sensation de calme.
(...)
Tout finit par se confondre. Les images du passé s'enchevêtrent dans une pâte légère et transparente qui se distend, se gonfle et prend la forme d'un ballon irisé, prêt à éclater. Je me réveille en sursaut, le cœur battant. Le silence augmente mon angoisse.
Patrick Modiano, Dimanches d'août, Gallimard, 1986.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
24.9.13
Un poil dans la tête
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
9.9.13
Un mot
On eût pu, à ce film sous-tiré du regretté Feydeau par les voies les plus naturelles, donner pour sous titre Au flanc du vase, à la manière de Samain, ou bien, parodiant Pirandello, Cinq personnages en quête d'odeur. L'odeur, pardon, l'auteur sacrifie tout de même un peu trop à la mode du marron. Il épuise son sujet, si j'ose ainsi parler. On souffrira que je ne m'étende pas sur cette matière, car ce vase, pour notre déveine, d'un coup d'éventail fut privé. Un mot, revenu de la morne plaine, résumerait cette nauséabonde petite histoire, la bienséance et mes convictions politiques m'interdisent de l'employer à un maréchal d'Empire*.
Richard-Pierre Bodin à propos d'On purge bébé de Jean Renoir, article paru dans Le Figaro du 19 juillet 1931.
(*) : Cambronne, dont Jean Yanne disait qu'il "ne mâchait pas ses mots. Heureusement pour lui.", ne fut en réalité que général d'Empire.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
30.6.13
Mines dormance
(...) une floraison exceptionnelle de l'objet grand objet : d'un côté les parkings du degré zéro de l'architecture et de l'autre les prouesses du grand art au service des maîtres du monde.
Jamais peut-être l'écart entre le réel du bâti à fonction sociale et l'architecture oeuvre d'art n'avait été si grand, tout se passant comme si deux mondes cohabitaient sans se voir, l'un regardant peut-être l'autre de temps en temps, le soir à la télévision, à l'heure de paillettes.
Jean-Christophe Bailly, "Pour une architecture réintégrée", La Phrase urbaine, Seuil, coll. Fictions & Cie, 2013.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
12.6.13
décret sur l'immortalité
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
28.5.13
Altius
Le degré de vertu auquel un homme peut atteindre un jour est aussi inconcevable pour nous que celui auquel la force du génie peut être portée.
Jean-Antoine-Nicolas de Caritat, marquis de Condorcet, Fragment sur l'Atlantide [posthume, 1804], Paris, Garnier-Flammarion (rééd. Alain Pons), 1988.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
17.5.13
Dear Mickey Mouse...
Walt Disney ressemble irrésistiblement à son héros. Il y a en Mickey le même raffinement, une liberté du geste, de l'élégance.
(...)
La poétique épique de Chaplin - c'est le "Paradis perdu" ; la poétique de Disney - c'est le "Paradis retrouvé".
(...)
Que sont à Dingo les jeux des nuages et des nuées dans le ciel, ou la vapeur verdâtre des fantômes infiniment changeante dans la maison déserte ?
(...)
Bambi c'est un tournant vers l'extase, sérieuse, éternelle : c'est le cycle de la vie - les cycles répétitifs des vies.
Serguei Eisenstein, Walt Disney, 1941-42, texte établi par Naum Kleiman et traduit du russe par André Cabaret, Circé éd., coll. Poche, 2013.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
15.5.13
Arrière des trains courts
Iago Piret-karll n'en vint pas d'emblée au principe de l'Onirisme Horloger – ou OH. Ce fut long et, à vrai dire, tortueux. S'explique ainsi l'âpre débat épistémologique et les querelles d'historiographes qui s’en suivirent, dont l'écho parvient encore à nos oreilles. Tous les OH-séants, quoi qu'il en soit, s'accordent aujourd'hui sur un point : l'extrême prédestination biographique qu'était la sienne à devenir le théoricien que l'on sait. Sa vie, en quelque sorte, fut le terreau idéal pour fixer les connecteurs qui manquaient à nos songes. « Nous n'osions en rêver » est à cet égard le mot d'ordre le plus fréquemment cité par nos instances. PkI (nous le nommerons dorénavant selon cette acception désuète mais efficace, qui, et on peut s'en étonner, apparaît dénuée de toute portée péjorative) a mis un point d'honneur à ne jamais noter le récit de ses rêves. En retour son existence fut, chaque jour un peu plus, l'horizon projectif de songes rendus précis par l'expérience. OH (dont nous supprimons le point d'exclamation final, en vertu des minutes du troisième colloque fondamental) prit son envol dans l'atmosphère de ce que, en termes d'industrie du divertissement vingtièmiste, on nommait une saga. Est-ce un paradoxe si la joie est au final ce qui caractérise OH ? Nous devrons chercher à le savoir, quand bien même une vie de rêve n'y suffirait pas.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
4.5.13
Coquille pleine
Avant de disposer de cinq semaines de vacances, le monde du travail est passé d'une forme d'oisiveté forcée à une surcharge de travail. On travaillait moins avant la révolution industrielle, la moyenne des durées journalières de travail excédait à peine quatre heures, selon les historiens. Les fêtes religieuses, les pèlerinages et le rythmes de la vie agricole faisaient qu'on travaillait moins au Moyen Âge.
Rachid Amirou, L'Imaginaire touristique, PUF, 1995.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
26.4.13
Cité d'émeraude
« Robespierre ! Robespierre !... ah , si vous aviez vu ses yeux verts, vous l'auriez condamné comme moi. »
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
19.4.13
Heureux est l’homme qui a connu la grâce
Andreï Tarkovski, "Discours sur l’Apocalypse", Londres, 1984 (paru dans Iskusstvo kino, 1989, n°2).
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
3.4.13
Paysage pré-posthume
Les torts que [la race présumée raciste] subit ne sont qu'une chose : la preuve des torts qu'elle inflige.
Renaud Camus, discours prononcé le 4 novembre 2012, Le Grand Remplacement, Chez l'auteur.
| Droits : Renaud Camus (CC BY 2.0) |
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest
12.3.13
Collector
Jean Baudrillard, Pour une critique de l'économie politique du signe, Gallimard, 1972.
Envoyer par e-mailBlogThis!Partager sur XPartager sur FacebookPartager sur Pinterest


















.svg.png)










